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Décodage Biologique
Bien plus fréquent et important est l'impact des conceptions médicales sur le psychisme de l'individu, ce que nous appelons l'impact iatrogène (du grec iatros signifiant le médecin). Les populations dites civilisées qui héritent des connaissances scientifiques couvent déjà toute une série de hantises médicales : artériosclérose, accidents vasculaires, dégénérescence cérébrale, microbes divers avec le HIV en tête de liste etc.
Et surtout le cancer : cette tumeur envahissante, d'origine inconnue, qui fait des petits partout et qui justifie les thérapeutiques les plus incisives. Toutes ces craintes constituent une toile de fond sur laquelle prendront naissance les pires conflits à la suite de certains diagnostics.
Il faut bien se rendre compte que des mots comme "cancer" n'ont pas du tout la même coloration subjective pour le médecin et le patient. Pour le médecin dans l'exercice de sa profession, c'est un diagnostic parmi d'autres dans le catalogue descriptif des pathologies. Mais sa bonne foi dans I'"objectivité" de ce diagnostic et son désir d'aider le patient à l'assumer n'empêche pas que pour le patient, le cancer est synonyme de menace grave, de souffrance, de mutilation, de mort.
Prenons comme premier exemple l'itinéraire aussi triste que fréquent, d'une femme ayant une tumeur mammaire suite à un drame sentimental. Si cette tumeur a entraîné l'ablation du sein et que la femme ne surmonte pas le choc de cette amputation, le conflit de dévalorisation dans sa féminité se traduira par un cancer osseux. Celui-ci n'a donc rien à voir avec la lésion du sein mais procède d'un nouveau conflit d'une tout autre nature. Vu le suivi intensif dont bénéficie cette patiente, ces lésions osseuses seront souvent découvertes avant même que la solution de ce deuxième conflit ne provoque les douleurs caractéristiques de l'os qui se répare. On lui justifie un traitement complémentaire pour cette malheureuse extension de son cancer que sont ces "métastases osseuses".
C'est alors un troisième choc encore différent : la peur de mourir devant la progression d'un mal pour lequel tout ce qu'elle a déjà enduré se révèle inutile. Ce conflit de peur induit des proliférations dans les alvéoles pulmonaires. Si elle n'a pas la chance de (ou plus exactement les ressources pour) faire rapidement une pneumonie qui témoignerait du nettoyage microbien de ses lésions après la solution de ce dernier conflit, le diagnostic de nouvelles métastases, à présent pulmonaires, sonnera le commencement de la fin : c'est ici une réactivation du troisième conflit qui verra flamber les lésions correspondantes aux poumons.
La fin de ce premier exemple introduit à une règle simple que le lecteur aura sans doute déjà déduite : si l'impact psychique du diagnostic est de même nature que le conflit initial à l'origine de la maladie diagnostiquée, ce diagnostic aggrave la maladie en question ; sinon il provoquera d'autres conflits et donc d'autres affections. Prenons ici un deuxième exemple très typique : la sclérose en plaques. A l'origine de cette pathologie, il y a un conflit de ne pas pouvoir supporter une situation et surtout de ne pas pouvoir y échapper. La fréquence et l'intensité des accès dépendent des aléas du conflit et le patient récupère en général totalement.
Comme le diagnostic échappe souvent à la sagacité médicale, cette première période peut durer des années. Mais un jour, le couperet du verdict tombe et au-delà des grands discours, le vécu du patient peut se résumer en quelques mots: "Je suis atteint d'une dégénérescence progressive de mon système nerveux. On ne sait pas d'où ça vient. C'est incurable. " Et c'est bien ici un conflit de même nature: comment supporter le spectre de la chaise roulante et comment y échapper puisque la science est unanime ?
Nous avons surtout évoqué l'impact iatrogène à propos des pathologies graves mais il doit être pris en considération dans tous les cas : sentiment d'amoindrissement de se voir étiqueté "arthrosique" alors qu'on a seulement résolu des conflits de dévalorisation ; crainte pour son cœur parce qu'on a fait un infarctus qui n'est qu'un passage obligé après un conflit de devoir se battre ; inquiétudes morbides à propos de son immunité parce qu'on a passé une période de conflits chaque fois résolus et ayant fait appel à l'aide microbienne etc.
Ceci nous amène à réfléchir sur le "sens" et le danger d'un diagnostic purement descriptif. Des diagnostics comme infarctus, cancer, accident vasculaire cérébral, sclérose en plaques, sida, nous font automatiquement plonger dans notre mémoire pour en repêcher les cas les plus terrifiants que l'on aura vus ou entendus ; ce qui ne fera qu'amplifier toujours la crainte de la maladie. Avec un bon sens élémentaire, on devrait au moins compléter un diagnostic classique avec une cotation de gravité suffisamment précise. Et dans ce cas, on préférerait de loin avoir une sclérose en plaques ou un "cancer" dont le conflit n'a duré qu’une semaine plutôt qu'une crise d'arthrose ou une bronchite dont le conflit a duré six mois... et à la condition d'avoir compris le processus de la maladie en général.